Oh n’ayez aucune crainte, je ne vais donner dans le larmoyifiant ( barbarisme inventé par Monsieur )… Je blogue depuis 2005, ai changé plusieurs fois de lieu pour le faire, vous ai raconté ma vie, mes joies et mes chagrins, tout en vous montrant les avancées de mes tricots, les laines que je file, les modèles que je concocte.
Las, mais vous l’aviez deviné, le tricot n’était en fait qu’un prétexte à me raconter, à me donner le sentiment d’exister car j’avais trouvé sur la toile des profils qui me ressemblaient, des gens qui tricotent, des malades de la laine, des contaminés par le virus inguérissable du fait main qui donne le sentiment d’être utile, et aussi celui d’être une créatrice lorsqu’on réussit à faire quelque chose sans modèle pré-établit.
Comme cela a été grisant lorsque vous m’avez suivie si nombreuses dans mon premier KAL : le châle " Love & Peace" ou "Dodilou" si affectueusement nommé par certaines…
Et comme cette communauté de tricoteuses m’a réconfortée quand, en 2006, Monsieur est tombé malade.
Aujourd’hui, 7 ans plus tard, je continue à tricoter, et à vous proposer de nouveaux projets…
Cependant, bloguer n’est plus ce que c’était… Nous nous sommes tous un peu lassé de ces vitrines, de ces tranches de vies, et aussi lassés de les raconter…
Car bloguer et lire les MAJ des copines est d’abord chronophage… Et puis, bloguer est un leurre pour l’affect. Bloguer remplit votre boîte mail de commentaires tellement adorables que vous vous prenez au jeu. Et même si vous croyez savoir lire entre les lignes et séparer le bon grain de l’ivraie, vous vous faites immanquablement avoir par vos sentiments, car avouez le, si vous bloguez, c’est que vous cherchez une reconnaissance ( je ne crois pas à l’altruisme pur qui consiste à dire: "je fais ça pour partager, aider" ),parce que vous pensez que votre vécu est particulier, intéressant, voire tellement drôle … Vous êtes alors fragilisé, perméable aux intrusions malsaines de ceux qui sont prêts à tout pour eux aussi croire qu’ils existent, et même si vous vous croyez fort, vous ne l’êtes pas tant que ça et vous vous faites avoir. Au final, vous avez le coeur brisé, parce que très peu de ceux qui chantent vos louanges sont véritablement vos amis.
En outre, quand vous bloguez, vous vous exposez au risque que vos lecteurs ne comprennent pas les choses comme vous les racontez, soit parce que ça les dérange, soit parce qu’ils n’ont pas les bases du vocabulaire ou de la grammaire, soit parce qu’ils vous jugent.
Alors vous vous dites que vous êtes perfectible et que vous allez bloguer tous les dimanches à 15 heures, parler de choses lisses dans un langage clair et simple, montrer de vous une image gaie et vivante, énergique.
Mais ça ne marche pas, personne n’est dupe, car tout le monde a chacun à son tour une vie de merde, avec des soucis, des problèmes de santé, des problèmes de couple ou d’argent; de plus, une écriture lisse est terne.
Et, si vous avez comme moi une activité commerciale en lien avec la toile, vous savez cependant qu’il faut continuer à bloguer ne serait-ce que pour montrer ce que vous faites. Mais alors vient une autre question: je vais sûrement agacer à la longue de ne poster que lorsque j’ai un truc à vendre…
Comment faire ? Continuer, la tête dans le guidon ? Trouver un autre moyen d’expression ? Renouveler la formule du dimanche après-midi 15 heures ? Ou arrêter, tout simplement ?
Vos commentaires seront d’une grande aide, la lecture de mes statistiques également.
A tout bientôt ?
Dodile